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Lovie Smith veut ouvrir la porte aux entraîneurs afro-américains dans la NCAA

En 1996, à l’âge de 38 ans, Lovie Smith a rejoint le personnel d’entraîneurs de Tony Dungy chez les Buccaneers de Tampa Bay. C’était la première et la dernière fois qu’il travaillait pour un entraîneur-chef Noir. Depuis, il est devenu l’entraîneur-chef des Bears de Chicago (2004-2012) et des Buccaneers de Tampa Bay (2014-2015) dans la NFL, et, présentement, du Fighting Illini de l’Université de l’Illinois dans la NCAA.

Désormais âgé de 62 ans, Smith essaie de faire sa part pour adresser le manque de diversité dans les personnels d’entraîneurs au football. On compte huit entraîneurs Noirs parmi son personnel, ce qui est un record du football universitaire américain. Ceci ne vient pas au détriment de la qualité des entraîneurs, bien au contraire selon N. Jeremi Duru, un professeur de droit dans les sports à l’American University.

« Lovie Smith poursuit (la diversité du personnel) non seulement parce qu’il veut s’assurer que les personnes qui n’ont peut-être pas eu d’opportunités auparavant les obtiennent maintenant, mais parce qu’il veut réussir et il considère cela comme un moyen approprié d’atteindre cet objectif. »

N. Jeremi Duru via le Chicago Tribune

Cette stratégie semble avoir porté fruit. En 2019, le programme de l’Université de l’Illinois a participé à son premier Bowl Game depuis 2014.

Le manque de diversité n’est pas un problème propre à la NFL. Seulement 14 des 130 (10,8 %) postes d’entraîneur chef de la FBS sont comblés par des Afro-Américains. Le ratio est encore pire pour les programmes du Power Five, où on en compte seulement 4 sur 65 (6,2 %). C’est à peine mieux pour les postes de coordonnateurs. Moins de 15 % d’entre eux (23) sont noirs dans les conférences du Power Five, dont 15 qui sont des co-coordonnateurs.

Si on regarde la répartition raciale des joueurs au football universitaire américain, 48,5 % d’entre eux sont Noirs alors que 34,8 % sont blancs. Considérant que la vaste majorité des entraîneurs sont des anciens joueurs, il est difficile de justifier l’homogénéité des personnels d’entraîneurs. C’est une réalité qui découle du racisme systémique, affirme Lovie Smith

« Pour obtenir un emploi, une personne doit être qualifiée. Donc dites-vous que le bassin d’entraîneurs noirs est trop petit? Dites-vous qu’il n’y a pas autant d’hommes de couleur qui entrent dans la profession d’entraîneur? En analysant mon personnel on peut voir que ce n’est pas le cas, » raconte Smith. « Nous devons reconnaître certaines choses avant aller de l’avant: le racisme systémique existe dans notre monde. Mais c’est une chose d’identifier le problème, s’en est une autre de régler le problème. Ce n’est pas juste avec des mots qu’on va le faire. »

Lovie Smith via le Chicago Tribune

Le Fighting Illini s’améliore d’année en année depuis l’arrivé de Lovie Smith à la barre de l’équipe en 2016. En 2019, ils ont surpris les Badgers de l’Université du Wisconsin (#6), qui étaient invaincus à l’époque, et ils ont participé au Redbox Bowl. En 2020, il sera intéressant de voir s’ils pourront finalement infiltrer le top-25.