32 équipes en 32 jours : Panthers de la Caroline

La troisième année du règne de David Tepper à titre de propriétaire de la concession sera complètement différente des saisons 2018 et 2019. Après avoir acheté la franchise des mains de Jerry Richardson au printemps 2018, Tepper aura attendu seulement deux ans avant d’effectuer plusieurs changements drastiques chez le personnel, autant du côté administratif que sur le terrain, pour finalement mettre en place les pièces de son casse-tête.

L’ère de Ron Rivera et de Cam Newton est désormais révolue. C’est maintenant au tour de Matt Rhule et de Teddy Bridgewater de mener cette équipe vers la terre promise. Ce ne sera pas un jeu d’enfant, puisque la reconstruction risque d’être longue et pénible pour la franchise qui est passée si près de rafler les grands honneurs en 2015.

2019 en chiffres

Fiche en saison régulière : 5-11

Classement : 4e dans le Sud de la NFC

Attaque (verges/match) : 19e

Défense (verges/match) : 23e

Forces et faiblesses

Aucune autre équipe du circuit Goodell n’a procédé à autant de changements de personnel lors de la dernière saison morte. La formation de la Caroline débute la nouvelle décennie avec un tout nouveau groupe d’entraineurs mené par Rhule, un entraineur recrue qui a auparavant redressé les programmes de football de l’Université de Temple et de Baylor dans la NCAA. À vrai dire, seulement trois entraineurs issus du groupe de Ron Rivera seront de retour pour appuyer Rhule. Joe Brady sera responsable de l’offensive après avoir connu une saison de rêve à LSU qui s’est soldée avec un championnat national avec les Tigers l’an dernier. Phil Snow, quant à lui, s’occupera de la défensive. Snow est un coordonnateur de la vieille école qui prône la vitesse et le jeu physique de la part de ses joueurs.

Parlant de la brigade défensive, les Panthers aligneront une défensive complètement différente par rapport à celle de l’an dernier. Seulement six joueurs partants de l’an dernier seront de retour dans la formation partante en 2020. À l’aube du repêchage, Matt Rhule se devait d’améliorer la ligne défensive et la tertiaire. Résultat : les Panthers ont repêché uniquement des joueurs défensifs lors du dernier encan. Ce fut d’ailleurs la première fois depuis le tout début de l’histoire du repêchage en 1967 qu’une équipe a consacré leurs sept choix du côté défensif.

Plusieurs nouveaux visages s’amènent également à l’attaque et en défensive pour remplacer Newton, Greg Olsen, Luke Kuechly, Eric Reid, James Bradberry, Gerald McCoy, Mario Addison, Vernon Butler et Trai Turner. Le directeur général des Panthers, Marty Hurney a réussi à mettre la main sur Bridgewater, Robby Anderson, Russell Okung, Eli Apple, Juston Burris et Tahir Whitehead pour combler la perte des nombreux vétérans.

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Si Teddy Bridgewater parvient à limiter les revirements (chose qu’il a bien faite en cinq départs l’an dernier dans l’uniforme des Saints) et que Christian McCaffrey continue sur sa trajectoire actuelle vers Temple de la renommée, les Panthers possèdent assez de fabricants de jeu pour rivaliser avec la plupart des attaques dans la NFC. Le trio de receveurs de passe composé de D.J. Moore, Anderson et Curtis Samuel figure parmi un des trios les plus sous-estimés du circuit Goodell. Les trois joueurs sont jeunes (moyenne d’âge de 24,3 ans) et possèdent assez de vitesse pour exploiter les tertiaires adverses en couverture simple.

Le secondeur extérieur Brian Burns sera à surveiller cette saison. À titre de recrue l’an dernier, Burns a réussi 7,5 sacs du quart en plus de frapper les quarts adverses à 16 reprises. Grâce au tout nouveau schéma défensif du coordonnateur Phil Snow, Burns pourrait éclore cette saison, surtout en raison de la venue des recrues Derrick Brown et de Yetur Gross-Matos, qui ajoutera de la profondeur sur la ligne défensive avec Kawann Short. La blessure de Short aura fait très mal aux Panthers l’an dernier, lui qui a raté l’entièreté de la campagne, à l’exception de deux rencontres en raison d’une déchirure de la coiffe des rotateurs.

Attentes en 2020

Bref, les Panthers ressembleront énormément à une équipe issue des rangs universitaires en 2020. Avec une attaque dévastatrice capable de marquer 40 points par match et une jeune brigade défensive qui manque d’expérience (qui peut accorder 40 points par matchs), les Panthers seront sans doute en mesure de rendre les choses intéressantes à chaque semaine, tout spécialement lors des deux dernières minutes des rencontres.

Les impacts de pandémie de la COVID-19 auront des effets néfastes pour la troupe de Matt Rhule en 2020. L’annulation des OTAs (Organised Team Activities) et des pratiques printanières, combinées avec un camp d’entrainement écourté et un nombre limité de pratiques avec contact, causera sans doute plusieurs problèmes d’exécution des jeux lors des matchs du calendrier régulier. Il faut également s’attendre à voir plusieurs jeux décousus en raison du manque de préparation globale lié à la pandémie pour Rhule et ses entraineurs. Tom Brady, Drew Brews et Matt Ryan vont se faire un plaisir d’attaquer une jeune tertiaire qui en aura plein les bras de couvrir Mike Evans, Chris Goodwin, Rob Gronkowski, Michael Thomas, Julio Jones et Calvin Ridley.

Les Panthers ne vont néanmoins jamais cesser de s’améliorer tout au long du calendrier régulier en 2020. Vers le dernier droit de la saison et avec plus d’expérience et de chimie pour la jeune équipe, il ne sera pas étonnant de voir les Panthers jouer les trouble-fête et de soutirer quelques victoires contre Denver, à Green Bay et à Washington. Cependant, ce sera une année de transition pour la troupe de Matt Rhule, qui aura encore six autres années devant lui pour redresser la franchise.

Si Teddy Bridewater ne connait pas un succès instantané comme il a connu en Nouvelle-Orléans l’an dernier et que Matt Rhule et Joe Brady arrivent à la conclusion que Bridgewater n’a pas les habilités nécessaires pour être le quart-arrière du futur pour la concession, les Panthers seront dans la course pour le premier choix afin de repêcher Trevor Lawrence ou Justin Fields au podium de Las Vegas en avril prochain.

Christophe Lachance-Tardif
Christophe Lachance-Tardif
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