La place de Catherine Raîche dans la NFL

Après avoir vu Kim Ng être nommée directrice générale des Marlins de Miami le mois dernier, est-il envisageable de croire qu’une femme puisse être nommée au même poste dans la NFL? C’est le but de la québécoise Catherine Raîche, et elle compte faire tout pour y arriver au cours des prochaines années.

Originaire de La Prairie, sur la Rive-Sud de Montréal, Raîche a grandi en écoutant le football à la télé avec son père, à chaque dimanche. Elle dit avoir toujours eu le sport encré en elle.

La femme de 31 ans est aujourd’hui coordonnatrice des opérations football et du personnel chez les Eagles de Philadelphie. Elle participe à la gestion du plafond salarial, des programmes de développements et du recrutement professionnel et collégial de l’équipe depuis 2019.

Ses ambitions sont claires : un jour, elle deviendra DG d’une formation dans la NFL. Que ce soit à Philadelphie ou ailleurs. C’est ce qu’elle a confié dans une entrevue avec La Presse cette semaine.

Et elle comprend que le chemin n’est pas facile. Ng, elle, est devenu en novembre la toute première femme à diriger une équipe de sport professionnelle masculine en Amérique du Nord. Ce n’est jamais arrivé dans l’histoire de la NFL. Mais l’impressionnant CV de Raîche indique qu’elle a ce qu’il faut pour y parvenir.

« Si on attend toujours de voir quelqu’un qui nous ressemble faire quelque chose, c’est peut-être pour ça que ça fait 30 ans qu’il n’y en a pas, de femme DG, dans la ligue. »

Catherine Raîche via La Presse Sports

Elle a fait ses débuts dans l’administration d’une équipe de football avec les Alouettes en 2014. À la suite d’un stage, Jim Popp la nomme d’abord coordonnatrice administrative, puis directrice adjointe aux opérations football deux ans plus tard, en janvier 2017. Plus tard dans l’année, elle décide de quitter Montréal, pour retrouver Popp, qui lui était rendu DG à Toronto. Avec les Argonauts, elle occupe un poste où elle est chargée de négocier des contrats, de gérer le plafond salarial et le budget. Elle a aussi maintenant un peu plus le nez collé sur le recrutement de l’équipe. Un travail qui lui demande d’étudier la game un peu plus, être en mesure d’aller chercher des détails qui lui permettent d’analyser et d’évaluer les joueurs.

« Jim est extrêmement progressiste. Quand vient le temps d’engager les gens, il ne se met pas de barrière par rapport au genre ou à la couleur de la peau. Il veut avoir les meilleurs personnes autour de lui. Les plus compétentes. »

-Catherine Raîche.

Après avoir tenu le poste de directrice des opérations football, sous recommandation de l’entraîneur-chef sortant des Argos, Marc Trestman, elle obtient un coup de téléphone des Eagles de Philadelphie, qui veulent qu’elle se joigne à l’équipe pour un rôle aux opérations et au recrutement de la formation.

Un pas de plus vers l’avancement et le développement de sa carrière, pour elle.

À quand aspire-t-elle à aboutir dans la chaise de la directrice générale d’une équipe? Éventuellement, quand elle en aura la chance, croit-elle. Elle sautera assurément sur l’occasion dès qu’il lui sera possible. Mais elle dit profiter du moment présent et apprendre de son parcours actuel pour prendre un pas vers l’avant sur une base régulière. Le fait d’être une femme dans un « boys club » peut par moment lui paraître intimidant, mais elle comprend ce qu’elle a à faire pour faire ses preuves, pour montrer aux autres de quoi elle est capable.

Elle soutient que la base de toute tâche qu’elle exécute est d’arriver « vraiment bien préparée ». « Je fais vraiment mon travail en détail. Je ne sais pas si les hommes ressentent la même pression. Mais je me mets, oui, une pression, pour être plus préparée. Je veux que mes arguments soient soutenus, » dit-elle.

Elle constate qu’il y a de plus en plus de portes qui s’ouvrent aux femme dans le monde du sport, particulièrement dans la NFL. Et elle est convaincue qu’elle a la capacité de faire plus pour faire avancer les choses, pour contribuer à faire démontrer aux directeurs généraux et aux entraîneurs de la ligue qu’il existe des femmes qui méritent de se faire donner une chance de réussir.

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Daniel Birru
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