Alouettes : mais que s’est-il passé à Calgary?

Celle-là, je l’avoue, je ne l’avais pas vue venir. Je savais que le match à Calgary pouvait être un match piège, mais jamais j’aurais cru que Montréal l’échapperait de cette façon. Oui, la fin de match a été enlevante et les plus positifs d’entre nous y ont cru jusqu’au dernier jeu, mais le score final de 28-22 n’,est pas représentatif de l’allure de la rencontre.

Les Alouettes avaient pris les devant par onze points et semblaient se diriger vers un autre touché au deuxième quart lorsque Vernon Adams Jr. a lancé une interception. Le seul revirement dont ont été victimes les Moineaux dans la rencontre a changé le rythme du tout au tout. Pour le reste de la première demie et pour une majeure partie de la deuxième, l’attaque montréalaise, pourtant si talentueuse, a été réduite au silence.

Chez les Stampeders, force est d’admettre que le jeune Jake Maier, 24 ans, a été fort impressionnant. Jamais de sa vie il n’avait joué au football canadien ou encore un match professionnel américain. On le connaissait à peine de nom lorsque les Stamps ont confirmé qu’il serait leur partant. Ses 304 verges par la passes mérite qu’on lui lève notre chapeau. Non, il n’a pas été parfait. Ses deux interceptions ont permis aux Alouettes d’inscrire des touchés. Toutefois, il avait l’air confortable dans sa pochette, chose qu’on voit rarement chez un quart-arrière dans ces circonstances.

Jusqu’au dernier jeu

Le football canadien étant ce qu’il est, les Alouettes sont parvenus à revenir de l’arrière en fin de rencontre. La remontrée n’a toutefois pas pu être complétée, alors que Eugene Lewis a capté la dernière passe du match à la ligne d’une verge dans le territoire des Stampeders. Après la rencontre, Adams a pris le blâme pour ce jeu, expliquant qu’il aurait dû lancer le ballon un peu plus profondément. En même temps, qui d’autre aurait pu être à blâmer?

Indiscipline

La défaite de vendredi soir peut s’expliquer par toutes sortes de facteurs. Oui, l’attaque a perdu ses jambes pendant trop longtemps. Oui, Adams a mal lancé le ballon sur le dernier jeu. C’est toutefois à l’indiscipline que l’on doit attribuer le revers. 16 pénalités pour 149 verges données gratuitement à l’adversaire. Si on cherche le différentiel en comptant les pénalités des Stamps, Montréal a terminé la soirée à -69 verges. Dans une rencontre qui s’est terminé à la ligne d’une verge, inutile de chercher ce qui a fait la différence…

Pas assez de pression sur le jeune quart-arrière

Les Alouettes n’ont pas suffisamment compliqué la tâche du jeune Jake Maier. Adarius Pickett est le seul joueur des Moineaux à compter un sac du quart dans ce match. Du début à la fin du match, on a assumé qu’une pression à quatre serait suffisante pour brasser le quart des Stampeders. Considérant que la ligne à l’attaque de Calgary était décimée par les blessures, je n’ai pas de problème avec cette décision… au départ. Après quelques séries, personne ne s’est aperçu que la ligne défensive était incapable de faire le travail à elle seule? Un peu plus d’agressivité de la part du coordonnateur défensif Barron Miles aurait pu forcer Maier a commettre quelques erreurs ou, à tout le moins, de lui faire encaisser quelques coups. On ne le dira jamais assez : le football est un sport d’adaptations.

Opportunisme sur les revirements

Je termine sur une note positive. En plus de remporter la bataille des revirement (3-1), les Alouettes ont fait preuve d’énormément d’opportunisme lorsqu’ils ont volé le ballon à leurs adversaires. Trois touchés et 21 points, soit une note parfaite. Cela me ramène toutefois à mon dernier point : pourquoi ne pas avoir forcé davantage d’erreurs en ajoutant de la pression sur le quart-arrière? La réponse ne viendra pas.

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Renaud Bourbonnais
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